Analyse sectorielle
Ses ratios spécifiques, ses moteurs de performance, et comment l'analyser différemment des autres secteurs.
Le secteur financier — banques, assurances, sociétés de gestion — représente une part importante des grands indices boursiers. Mais l'analyser nécessite des outils différents des autres secteurs. Le PER classique ne suffit pas.
Une banque est fondamentalement un intermédiaire entre ceux qui ont de l'argent (les déposants) et ceux qui en ont besoin (les emprunteurs). Son bilan est structurellement différent d'une entreprise industrielle : les dettes (les dépôts) sont le cœur de son activité, pas un problème à éviter.
C'est pourquoi les ratios classiques comme le ratio dette/EBITDA n'ont aucun sens appliqués à une banque. On utilise d'autres métriques.
Le ratio Common Equity Tier 1 mesure les fonds propres de la banque par rapport à ses actifs pondérés par le risque. Exigé à au moins 8 % par Bâle III. Plus il est élevé, plus la banque est solide.
Le ratio cours/valeur comptable. Un P/B inférieur à 1 signifie que le marché valorise la banque en dessous de ses actifs nets — signal de méfiance ou d'opportunité selon le contexte.
Le Return on Equity (retour sur fonds propres) mesure ce que la banque génère pour ses actionnaires. Un ROE supérieur à 10 % est généralement considéré comme satisfaisant dans le secteur.
Les frais de fonctionnement divisés par le produit net bancaire (PNB). Plus il est bas, plus la banque est efficace. Un bon coefficient se situe en dessous de 60 %, les meilleurs banques européennes atteignent 50 %.
Le montant provisionné pour couvrir les prêts qui risquent de ne pas être remboursés. En période de récession, il monte fortement et pèse sur les résultats. C'est l'un des principaux risques à surveiller.
L'écart entre ce que la banque perçoit sur ses prêts et ce qu'elle paie sur ses dépôts. Quand les taux montent, cette marge s'élargit généralement — d'où la sensibilité du secteur aux décisions des banques centrales.
Les valeurs bancaires sont parmi les plus sensibles aux taux d'intérêt dans tout l'univers boursier. La relation est directe :
Hausse des taux — Les banques prêtent à des taux plus élevés. La marge nette d'intérêt s'élargit. Les revenus augmentent. Les cours des banques tendent à monter.
Baisse des taux — La marge se comprime. Le contexte est plus difficile, comme l'Europe l'a vécu entre 2014 et 2022 avec des taux négatifs qui ont pesé lourdement sur la rentabilité des banques européennes.
Les banques américaines (JPMorgan, Bank of America, Goldman Sachs...) ont historiquement affiché des ROE bien supérieurs à leurs homologues européennes. En cause : un marché plus homogène, une réglementation post-2008 qui s'est avérée moins contraignante sur certains points, et un mix d'activité différent avec une plus grande part de banque d'investissement. Pour un investisseur européen, comparer les deux donne des points de référence utiles pour évaluer si une banque française traite à un prix justifié.
Aller plus loin
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