Bilan annuel
Records, OPA géantes et mini-krach de mai. Une année riche en enseignements pour l'investisseur.
2006 est une année à double visage. Une correction brutale au printemps — suivie d'une reprise tout aussi rapide — et une clôture en forte hausse. La bataille boursière autour d'Arcelor-Mittal tient les marchés en haleine pendant des mois.
La croissance mondiale reste robuste mais les premières fissures apparaissent sur le marché immobilier américain. Les subprimes commencent à faire parler d'eux — mais personne ne mesure encore l'ampleur du problème qui se dessine. Les marchés actions ignorent ces signaux et continuent leur ascension.
La Fed remonte ses taux pour contenir l'inflation, atteignant 5,25 % en juin. Ce resserrement monétaire provoque la correction de mai-juin — violente mais de courte durée. Les marchés rebondissent dès juillet et terminent l'année en beauté.
Lakshmi Mittal lance une OPA hostile sur Arcelor à 28,21 € par action. S'ensuit une guerre de plusieurs mois : contre-OPA de Severstal, surenchère de Mittal, résistance du management d'Arcelor… L'action Arcelor double pratiquement en six mois. C'est le feuilleton boursier de l'année et une illustration parfaite des dynamiques d'OPA pour les investisseurs particuliers.
Les marchés émergents s'effondrent de 20 à 30 % en quelques semaines, entraînant dans leur sillage les places européennes et américaines. Le CAC 40 perd 12 % en 6 semaines. La panique est réelle — et l'opportunité d'achat aussi. Ceux qui achètent dans la panique de mai récoltent 20 % de hausse d'ici décembre.
L'or dépasse 600 $ l'once pour la première fois depuis 1980. Le cuivre double en un an. Le pétrole reste au-dessus de 60 $. Les valeurs minières et pétrolières sont les grandes gagnantes de l'année. TotalEnergies, Arcelor (avant sa fusion), les pétrolières russes figurent parmi les meilleures performances.
En 2006, plusieurs analystes alertent sur la bulle immobilière américaine et la qualité douteuse des prêts hypothécaires accordés à des emprunteurs non solvables. Les marchés ignorent ces avertissements. Les indices continuent de monter. Deux ans plus tard, la crise des subprimes provoquera le plus grand krach depuis 1929. 2006 illustre parfaitement comment des marchés euphoriques peuvent ignorer des risques systémiques visibles — et pourquoi l'investisseur avisé surveille toujours les excès de crédit.
Aller plus loin
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